La
danse des canards.
Drôles d'oiseaux...
A la cime du grand sapin, deux espèces d'oiseaux ont élu domicile. Ces hôtes
habituels et permanents sont un couple de tourterelles et un couple de pies. Ces
deux espèces vivent dans une bonne intelligence relative. Il y a du racisme
même chez les oiseaux !
Il y a quelquefois des querelles de voisinage et des prises de bec plus ou moins musclées. J'en veux pour témoignage les quelques plumes que l'on trouve au pied de l'arbre et que Sam me ramène comme des trophées.
Une merlette habite depuis des années sous le rhododendron. Monsieur Merle lui rend visite à l'automne, passe l'hiver confortablement et repart au printemps vers d'autres aventures tandis qu'elle élève tranquillement sa nichée! J'ai aperçu Monsieur ces jours-ci, martelant la pelouse de ses pattes pour faire sortir les vers.
Depuis quelques jours et comme à chaque automne les rouges-gorges sont arrivés, mais l'un d'entre eux a dû avoir la malencontreuse idée de chercher refuge dans le sapin car je l'ai trouvé mort un peu plus loin.
Quand il s'agit de défendre leur territoire pies et tourterelles savent très bien s'associer pour chasser les intrus. Ainsi cet après-midi, alors que je ramassais les feuilles du cerisier, j'ai été alertée par un vacarme inhabituel. J'ai bien reconnu les cris de colère des tourterelles et des pies auxquels se mêlait un croassement que je n'ai pas identifié tout de suite. J'ai arrêté mon activité et j'ai observé. J'ai alors vu un gros corbeau ou peut-être une corneille dont l'ambition semblait être de se poser sur le sapin. Mais les locataires en titre ne l'entendaient pas de cette oreille et d'un commun accord ont fait front et lui ont mené la vie dure jusqu'à ce qu'il batte en retraite dans un dernier croassement indigné.
Bientôt les bergeronnettes vont arriver car tout ce petit monde sait bien que la maison est bonne pour passer l'hiver. Quelques graines données tous les matins assurent la subsistance quand la terre gelée n'offre plus rien. Une chienne bon enfant qui bien qu'ayant des ascendances de chien de chasse n'a jamais poursuivi aucun oiseau du jardin. Peut-être les considère-t-elle comme du menu fretin ? Car enfin, le coq de mon cousin lui avait paru un gibier digne d'elle...Des arbres ou des buissons qui gardent leurs feuilles et procurent un abri appréciable. Un bassin où aller boire et quelquefois se baigner...Que demander de plus?
Un jour, il y a quelques années, et c'est en retrouvant la photo que je me suis souvenue de l'anecdote, une colombe ébouriffée, fatiguée peut-être de courir le monde pour porter la paix à des gens qui n'en voulaient pas, est entrée dans le garage et s'est posée sur le toit de ma voiture pour se reposer. Quelques graines et un peu d'eau lui ont permis de passer un moment au calme. Elle m'a autorisée à faire une photo sans être effarouchée puis est repartie comme elle était venue. Plus sérieusement, je pense qu'elle s'était échappée d'une volière car elle ne paraissait pas sauvage mais il m'a plu de croire que c'était la colombe de la paix qui avait perdu son rameau d'olivier en chemin...
Dans la matinée du 14 mars 2005, j'avais ouvert la véranda pour laisser entrer le soleil enfin revenu. Un petit chardonneret a trouvé l'endroit sympathique et a décidé d'y faire un court séjour. Pas farouche du tout, j'ai pu le photographier de très près. Il s'est successivement posé...
...où il s'est complaisamment laissé photographier.
Le 11 avril 2010, quand Sam est arrivé pour les vacances de printemps, nous avons voulu déstocker son vélo qui avait passé l'hiver sous une bâche avec celui de Papou et le mien. Et là, ô surprise... Mon vélo est muni, à l'avant, d'un petit panier destiné à recevoir quelques courses, le cas échéant. Ce panier était aux 3/4 rempli de feuilles, de brindilles, de mousse et d'herbes sèches. Dans un coin était aménagé un joli petit nid rond et douillet dans lequel se trouvaient 5 petits oeufs. Nous avons délicatement sorti le vélo de Sam, j'ai rapidement fait une photo et nous avons précautionneusement remis la bâche en place. Comme les vélos sont rangés devant la porte-fenêtre de la cuisine que nous n'ouvrons jamais, j'ai pu observer à loisir, les allées et venues des parents, un couple de rouges-gorges.
Aujourd'hui, 3 mai, j'ai jeté un oeil discret sous la bâche. Les petits sont éclos et déjà bien couverts de plumes. A une heure où j'ai constaté que les parents ne sont pas au nid, j'irai les photographier. Ce fut une heureuse surprise pour Sam qui justement était en train d'étudier, en sciences, l'incubation des ovipares. Je lui ai fait un tirage de la photo des oeufs qui pourra illustrer sa leçon de sciences.
Tous ces jours derniers, le mauvais temps a fait que je n'ai pas voulu aller déranger les oisillons. Aujourd'hui, 7 mai, profitant d'un après-midi ensoleillé, j'y suis allée avec l'appareil photos. Déception... Plus personne au nid...J'ai soigneusement remis la bâche pour le cas où ce couple voudrait y revenir l'an prochain ou peut-être même lors d'une seconde couvée cet été. En tous cas eux et leurs comparses, nous régalent de leurs allées et venues et de leurs chants. Il y a deux ou trois jours, la mangeoire étant vide, une mésange a su nous rappeler à l'ordre en tapant impérativement du bec contre la mangeoire. Ces mésanges charbonnières sont assez familières et n"hésitent pas à venir sur la terrasse même en notre présence et à se percher sur un dossier de fauteuil mais elle sont aussi extrêmement vives et rapides et difficiles à photographier.